mardi 9 novembre 2010

Les oubliés - 2 / Jeremias Gotthelf

         
Jeremias Gotthelf, un calviniste en lettres



        Nous connaissions peu en France Jeremias Gotthelf (1797-1854) avant que Samuel Brussell, qui dirige la collection Anatolia aux Editions du Rocher, ne s’empare de l’édition de florilèges établie en 1930 par le pasteur W. Hopf portant le titre de Bréviaire de sagesse. Car cette publication d’un format agréable contribuera à rendre accessible aux lecteurs un auteur en le faisant découvrir au fur et à mesure des traductions déjà offertes par les Editions L’Age d’Homme.

Et c’est heureux pour découvrir Jeremias Gotthelf. Pasteur calviniste bernois et auteur de romans traduits en français (Editions L’Age d’Homme, Lausanne, par le traducteur R. Lauener : Uli, le valet de ferme, Le Miroir des paysans, L’Argent et l’Esprit, L’Araignée noire), Gotthelf écrit sur la rudesse si sage d’un enracinement dans le monde rural, où tous les paysans Suisses de la vallée de l’Emmental besognent, exténués, pour gagner leur pitance quotidienne. Sa langue est d’une simplicité que nous qualifierons aisément d’évangélique, c’est-à-dire compréhensible de tous, même les plus humbles des lecteurs, avec ce style si singulier recourant aux sagesses populaires qui fait de lui un « classique » de la littérature allemande du Biedermeier (période dite de la Restauration). Ce trait lié à sa fonction pastorale ne manquera pas de le rendre populaire dans les pays germanophones.

Bréviaire de sagesse‑Une maxime pour chaque jour comporte donc 366 pensées à lire et méditer chaque jour de l’année. Celle-ci, en guise de mise en bouche au saut du lit, nous paraît très illustrative du bienfait et de la drôlerie de cette lecture : « Il est remarquable que Satan ne trouve jamais de meilleure occasion de s’introduire en nous, jamais ne trouve les portes plus grandes ouvertes que quand on fait notre éloge » (18 juillet, p. 69). Ou encore cette autre citation incarnée la plupart du temps dans les prières et actions quotidiennes des calvinistes : « Plus bas tu t’agenouilles, plus haut tu seras pendu » (13 novembre, p. 100). 

O. P. 

  • Jeremias Gotthelf, Bréviaire de sagesse –Une maxime pour chaque jour, Editions du Rocher, coll. « Anatolia », Monaco, 2002, traduit de l’Allemand par J. Launay, 113 pages, 11 euros.



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